Les Djoubap's Zaia Copa : le vinyle qui défonce le dancefloor

Disque Les Djoubap's - Zaia Copa
Les Djoubap's - Zaia Copa : (cliquez l'image pour les détails)

Rien à voir avec vos playlists bien rangées ou les rééditions propres sur elles. On est en 1972 quand une bande de musiciens martiniquais décide d'envoyer valser les habitudes : voici Zaia Copa, signé Les Djoubap's. Pas de manières. Des cuivres mordants, un orgue un peu poisseux, une musique qui s'impose d'elle-même. C'est brut, ça fonce droit devant, et c'est précisément ce son sans filtre que les chineurs de vinyles recherchent encore partout aujourd'hui.

Réponse rapide : c'est quoi Zaia Copa ?

Zaia Copa, c'est un 33 tours paru en 1972 sur Sonovox Records, la petite maison de disques martiniquaise (ref SLP 307). Derrière les arrangements, le trompettiste Jean Beneto mène Les Djoubap's avec une poigne de fer. Ce qu'on y entend ? Un mélange détonant de compas venu d'Haïti, de tumbélé local et de guaguancó afro-cubain. Si vous ne devez retenir que quelques pépites : "Man Dingore", "Panameña" et la plage éponyme.

InfoDétail
ArtisteLes Djoubap's
TitreZaia Copa
Année1972
LabelSonovox Records
RéférenceSLP 307
DirectionJean Beneto (trompette)
GenresCompas, Tumbélé, Guaguancó, touches Biguine
FormatVinyle 33T, 10 titres
Titres clésMan Dingore, Panameña, Zaia Copa

Un choc sonore sorti de nulle part

1972, Fort-de-France. Les sonorités jazz, funk et afro-cubaines arrivent de partout et télescopent les traditions de l'île. Aucun calcul commercial là-dedans : les formations du coin captent ces vibrations et balancent tout sur scène. C'est dans cette effervescence que Les Djoubap's enregistrent Zaia Copa chez Sonovox (référence SLP 307). Un LP taillé pour faire transpirer les pistes de danse, loin des disques policés pensés pour les étagères de collectionneurs.

Le moteur du groupe ? Jean Beneto et sa trompette. Mais l'exploit reste collectif. À ses côtés, l'équipe carbure sec : Maurice Berome à la seconde trompette, Victor Sebarec au sax alto, Raoul Lordinot au ténor, Serge Alexandre au clavier et à l'accordéon, Leon Bertide à la guitare, Alfred Antoine au tres, René Thimon aux congas, Charles Ery à la basse, plus Raymond Mazarin et Alex Bylon au micro. Une vraie section d'assaut où chacun trouve sa place, sans numéro solo superflu.

La sauce compas-tumbélé, sans filtre

La force de cet album, c'est qu'il ne tranche jamais. Les mecs font se percuter la cadence hypnotique du compas haïtien et l'énergie syncopée du tumbélé martiniquais. Ça s'emboîte naturellement, sans donner l'impression d'un assemblage forcé. Pour enfoncer le clou, l'orchestre s'approprie trois morceaux latino piochés chez Johnny Ventura, Willie Colón et Bobby Quesada. Résultat : du guaguancó brut, réinjecté de chaleur antillaise.

  • Des cuivres incisifs qui mènent la danse du début à la fin
  • Un orgue aux teintes soul/psyché qui apporte un vrai grain au son
  • Une basse et des congas vissées ensemble pour tenir le groove
  • Trois reprises latines où le groupe s'affranchit de tous les codes

La tracklist, morceau par morceau

FaceTitre
A1Zaia Copa
A2Ti Michel
A3Rythme Pour Danser
A4Man Dingore
A5Cumande
B1Zaina
B2La Vie Difficile
B3Isabelle
B4Vivir De Los Recuerdos
B5Panamena

Dès Man Dingore, le ton est donné : un guaguancó furieux porté par des chants en jeu de réponses, des percussions tenaces et une basse bien lourde. Un titre à lui seul capable de justifier des années de recherche en vide-greniers. En fin de face B, Panameña relance la machine avec une relecture survoltée, taillée pour les sound-systems à la recherche de pépites. Quant au titre éponyme, Zaia Copa, il attaque direct sans fioritures : de la chaleur pure, balancée sans filtre.

Pourquoi c'est un graal pour les diggers

Ce disque n'a jamais cherché à squatter les radios. Il a été pressé pour embraser les soirées de Fort-de-France, point barre. C'est exactement pour ça qu'il est si dur à dégoter : tirage réduit, distribution locale à l'ancienne, et aujourd'hui des diggers du monde entier qui se battent pour mettre la main dessus. Quand une copie propre surgit sur les sites spécialisés, elle ne reste jamais en ligne très longtemps.

  • Pressage Sonovox d'époque (SLP 307) : cible prioritaire des chineurs
  • Décliné également en 45 tours ("Zaia Copa / Compadre Pero Juan")
  • Cote en hausse constante sur le marché de l'occasion
  • Un classique absolu pour quiconque creuse le sillon compas-tumbélé

Verdict, sans filtre

On n'écoute pas ce disque poliment au fond de son canapé. On le prend de plein fouet, debout, poussé par la hargne des cuivres et le grain grinçant de l'orgue. Les Djoubap's se moquaient des étiquettes : ils ont jeté le compas, le tumbélé et la salsa dans la même marmite en fusion. Plus de cinquante ans après, la recette n'a pas pris une ride et continue d'obséder les passionnés. Si vous tombez sur une galette en bon état, un seul conseil : chopez-la sans hésiter.

Ou trouver ce disque

  • Sur : Le site français spécialisé supports musicaux.
  • En foire aux disques, conventions : Pour tous ceux qui aiment ça.

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À propos de l'auteur : Zikaebo

Explorateur musical et collectionneur passionné de supports musicaux physiques, je traque les pressages rares et l'histoire industrielle du disque depuis plus de 30 ans. Ce blog partage mes expériences pour aider les collectionneurs à développer leur patrimoine musical.

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